Pendant trois jours, 27 jeunes des communes d’Ibanda, de Kadutu et de Bagira ont participé à un dialogue intercommunautaire organisé par Emergence Santé Plus . Ils repartent avec des outils d’analyse et la volonté de les partager dans leurs communautés….
Renforcer la cohésion sociale et le vivre ensemble en apprenant à gérer les conflits tel était l’objectif du dialogue intercommunautaire qui s’est tenu du 20 au 22 octobre 2026 à Bukavu. Ce dialogue a réuni 27 jeunes des trois communes de la ville et beneficié l’appui de Search for Common Ground et de Youth for Peace et s’inscrivent dans le projet « Promouvoir la participation politique des jeunes à travers l’appropriaton de l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité ».
« Nous traversons une période où les conflits priment dans nos communautés. Nous avons voulu que les jeunes des trois communes nous disent comment ils vivent le dialogue, la cohésion sociale, le vivre ensemble et la coexistence pacifique entre les communautés » a expliqué Anatole Bahati, de l’organisation ESPlus.
Les exposés et les exercices pratiques ont conduit les participants à identifier les problèmes et les conflits qui freinent la cohésion sociale dans leurs entités respectives.
Selon la facilitatrice Nicole Mugalu , ces échanges ont déjà fait évoluer les points de vue.
« Vivre ensemble ne signifie pas se séparer à tout moment, mais agir ensemble pour un intérêt commun, a-t-il souligné. Avec mon voisin, nous cohabitons pacifiquement : on se dit bonjour. Mais face à un intérêt commun, nous collaborons pour le bien de la communauté. »
Pour elle, le principal frein à la cohésion sociale est le manque de dialogue. « Face à un problème ou à un conflit, on a du mal à s’asseoir ensemble pour trouver un terrain d’entente. On ne se comprend plus, cela crée des conflits et la cohésion sociale se brise », a-t-elle analysé. Elle a appelé les participants à passer de la théorie à la pratique « Le conflit est là. Pour le transformer, nous devons dialoguer et trouver ensemble une solution acceptable pour tous. »
Moïse Cibalonza, coordonnateur de l’organisation Congolese Discovery, annonce une démarche en deux temps.
« Nous allons d’abord sensibiliser les membres de notre organisation et nos communautés. Ensuite, nous mènerons des plaidoyers auprès des autorités pour que les jeunes participent à la prise des décisions, mais aussi au vivre ensemble pendant cette crise », a-t-il déclaré.
Même engagement chez Christelle Zawadi, leader communautaire. « J’ai appris à vivre ensemble et à gérer la paix durable dans la communauté. Cela m’a aidée à comprendre plusieurs notions, notamment les problèmes et les conflits qui peuvent exister dans les communautés », a-t-elle confié.
Elle entend agir à son niveau « Seule, je ne saurais pas régler tout le problème ou le conflit. Mais avec la formation que j’ai eue, j’irai vers les personnes qui vivent ces problèmes, je chercherai à les comprendre à fond, à les analyser grâce aux outils qu’on nous a enseignés, puis à les aider à trouver une solution. »

